Être pasteur auprès des personnes âgées



Hommage spirituel aux aînés (1).

          Bénis soient ceux et celles qui ont vécu leur vie pour la nôtre avec une bouleversante gratuité.
          Bénies soient ces modestes vies qui ont su faire même les plus petites choses avec une telle grandeur d'âme.




          Bénis soient ces croyants-espérants qui sont notre pied-à-terre de l'autre côté de la rive pour nous accueillir avec amour à nos premiers jours.
          Bénis soient ces grands-parents et leur porte toujours ouverte, malgré tant de contestations, de ruptures, de blessures.

          Une bonne connaissance de la personne âgée est un élément important de la qualité de la communication et de l'accompagnement de celle-ci. Qui est la personne du troisième âge?

Un être humain expérimenté

          La personne âgée, c'est un être humain qui possède une longue expérience de vie, expérience qu’elle a su apprécier, juger et intégrer. Le pasteur, à travers ses visites assidues, sait lui faire remémorer ces expériences qui ont enrichi sa vie.

          La personne âgée possède une histoire religieuse qui a façonné sa vie intérieure et qui constitue une assise importante de son attitude face à la vie et à l’achèvement de sa vie. La personne âgée, la plupart du temps marquée par les échecs et les pertes, possède un contexte social-affectif particulier : elle se retrouve souvent seule, très seule dans un foyer d’hébergement.

          Être pasteur auprès des personnes âgées, c’est être le reflet de l’accueil bienveillant du Père manifesté en Jésus. Dans ces nombreuses rencontres avec les personnes de son temps, Jésus se préoccupe de répondre aux besoins de ces personnes. Le pasteur par son attitude bienveillante aide les aînés à mieux comprendre ce qu’ils vivent. Être pasteur, c’est être-avec.

          L’écoute est au cœur des préoccupations du pasteur. Écouter, ce n’est pas seulement enregistrer les paroles de l’autre, mais c’est vivre avec lui. Être à l’écoute de l’autre, c’est aussi se mettre à la place de l’autre.

          L’écoute nécessite de la patience et de l’attente, mais elle suscite un sentiment de sécurité.

L’amour enveloppant de Jésus

          A travers les afflictions de la vieillesse, les personnes âgées ont besoin de découvrir un Dieu-miséricorde qui invite l’homme à être miséricordieux, attentif, à la souffrance de l’autre . Le pasteur, avec un cœur ouvert va vers l’autre sans parti-pris, sans préjugé, et manifeste ainsi l’amour enveloppant du Cœur de Jésus.

          La personne âgée a ses dévotions; parfois, la maladie et l’affaiblissement ne lui permettent plus de prier comme avant. Le pasteur encourage à prier en tournant son regard vers Dieu. La réalité de la mort est la compagne de la personne âgée en institution. Avec l’équipe des soignants, le pasteur y porte une attention particulière afin que la mort soit accueillie comme une heureuse délivrance, en action de grâces au Dieu vivant qui appelle à la vie.

Es-tu pasteur ?

Toi qui prends du temps pour écouter tes grands-parents se raconter,

Toi qui, malgré tes occupations journalières, consacres quelques instants pour saluer une amie vivant en centre d’hébergement,

Toi qui accompagnes : un oncle confus, une tante vieillissante, un voisin en perte d’autonomie,

Toi qui visites régulièrement tes parents,

N’es-tu pas toi aussi, un pasteur, un signe de la présence d'un Dieu-Amour au cœur des petits gestes de la vie quotidienne ?


Pauline Sirois


1. Jacques Grand’Maison et Solange Lefèbvre
Cahiers d’études pastorales 13,
Fides 1994 p. 354-355




Lettre d’un Pasteur,


          Depuis au moins trente ans, nous disons souvent qu’il faut refaire le tissu de l’Église. Une affirmation qui veut dire que l’Église, avec l’arrivée du monde moderne, a perdu ses lieux de rencontre, ses points de repère, sa visibilité même. Aujourd’hui, on ne parle plus de l’Église dans les journaux, on ne mentionne plus les faits importants qui la marquent. On a pris pour acquis que la foi est une réalité privée, chacun la vit bien privément et ne dérange pas les autres avec cela.

          Il me semble qu’il est grand temps de prendre conscience de cette réalité, et de découvrir que nous vivons notre foi en communauté avec des frères et des sœurs qui partagent le même idéal de vie que nous et qui s’inspirent de l’Évangile pour donner un sens à leur vie. Cette prise de conscience va nous amener à découvrir toutefois que cela ne sera plus jamais comme auparavant.

          C’est peut-être surtout dans de petites cellules, de petits groupes d’amis que nous allons redécouvrir notre foi et vivre notre appartenance à l’Église. Dans des cellules où nous allons partager ensemble l’Évangile, la Parole de Dieu, et découvrir la place de la foi dans la vie d’un homme et d’une femme. Il existe actuellement plusieurs types de cellules de la sorte, Vie Montante en est une et je voudrais vous la présenter aujourd’hui.

          À l’Isle Verte, à Cacouna et à Saint-Modeste, des hommes et des femmes se rencontrent une fois par mois pour réfléchir à partir d’un texte de la Parole de Dieu et se demandent quelle répercussion cette Parole de Dieu peut avoir dans leur vie quotidienne. On prend le temps de lire la Parole de Dieu, de la prier et on se laisse interroger par un commentaire de cette Parole préparé par l’aumônier national de la Vie Montante. Une quinzaine de personnes de chacune de ces trois paroisses vivent cette démarche chaque mois. Votre curé aimerait bien que ce nombre double.

          Nous avons tellement besoin actuellement de retourner à l’essentiel, de laisser le Seigneur nous instruire de sa Parole pour trouver de bons points de repère dans nos vies. Vie Montante en est un, le mouvement Cursillo et l’Ordre franciscain séculier qui sont implantés dans d’autres paroisses du secteur en sont d’autres. Ce ne sont pas des sectes, ce sont des cellules d’Église qui sont appelées à refaire le tissu chrétien de notre milieu qui s’effrite malheureusement. Trouvons-nous preneurs ?

Je l’espère de tout cœur.

Raynald Brillant, curé